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jeudi 1 novembre 2012

Tabaski, c’est pas la fête du mouton…


Vendredi dernier, de bon matin, les voisins égorgent deux moutons devant chez nous, dans la rue. C’est l’Aïd el Kébir, l'une des plus importantes fêtes de l'islam, appelée Tabaski en Afrique de l’Ouest. L'agitation habituelle se met en suspens, et pas seulement pour la moitié musulmane de la population.
Depuis plusieurs jours, les moutons circulent dans toute la ville et alentours, à pattes, en camion, en taxi brousse, en mobylette… on a même vu deux spécimens (vivants) sur un vélo. Ils montent de la campagne vers Bobo, traversent le Burkina depuis le Sahel jusqu’à la Côte d’Ivoire… Mais la crise au Mali a provoqué la pénurie dans de nombreux pays de la région. Le cours du mouton est monté. Il faut de toute façon avoir les moyens pour acheter une bête, 75 000 à 150 000 francs CFA selon la taille (le salaire minimum au Burkina est de 35 000 francs).
Nous interrompons notre petit déjeuner (sauf Maïa, âme sensible) pour aller voir les carcasses accrochées à un arbre, que quatre hommes dépècent avec des petits couteaux. Un des « bouchers » explique que les moutons seront partagés en trois parts : une pour les voisins (chrétiens, de préférence), une pour les nécessiteux, une pour la fête en famille. Quelle que soit la religion des uns ou des autres, on se souhaite « bonne fête », on se rend visite. C’est une des grandes fiertés des Burkinabè  : ici, musulmans, chrétiens et animistes vivent dans une grande entente, se marient entre eux sans que cela pose de problème à personne. Les conversions sont fréquentes, et dans tous les sens. On voit très peu de femmes voilées dans les rues de Bobo et, selon une source proche de l'enquête (un musulman), lors de Tabaski, la bière finit toujours par manquer !

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