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vendredi 16 novembre 2012

Au village de Iolonioro


La cour du vieux après la pluie
« Vous avez voyagé pendant les vacances ? » Dès qu’on quitte Bobo, on dit qu’on « voyage ». Donc, oui, à la Toussaint, nous avons voyagé : quatre jours dans la région de Gaoua, le pays lobi. Région verte et vallonnée, tout près du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Avec une étape sur la route, à Iolonioro, le petit village de la famille de Marie, nounou à Bobo, qui nous a proposé de nous y arrêter.
Petit déjeuner devant
le 2 chambres-salon de Chantal
Au bout de
16 kilomètres
de piste, la concession du père de Marie. Une concession, c’est une cour entourée de murs, dans laquelle se répartissent plusieurs cases, donc plusieurs foyers (cuisines extérieures: un petit réchaud à charbon et un feu) pour les femmes et les grands enfants. Celle du « vieux » (z’entendez le respect dans le mot ?) est l’une des plus grandes et connues de la région, nous assure-t-on. Il faut dire que le vieux, né selon ses papiers d’identité « vers 1946 », ancien champion de boxe, a eu « au moins » six femmes et 35 enfants. Le dernier (?) est encore en route. Une seule femme vit encore avec lui, les autres sont mortes, ou parties. Les grands enfants se sont éparpillés, certains sont restés. La famille vit, comme la plupart des Burkinabè en brousse, de la culture de ses champs (mil, maïs…). Une fois les greniers remplis pour passer l’année, ils garderont, si la récolte a été bonne, quelques sacs de céréales qu’ils vendront au fur et à mesure des besoins (santé, éducation, bière de mil…). Cette année, la saison des pluies qui s’éternise est en train de « gâter » les semences. Un comble.
Le vieux nous accueille sous le manguier, devant la concession, entouré d’une nuée de petits un peu éberlués de voir des « toubabou » (des blancs). On nous touche, on nous scrute, on rigole. On ne leur fait pas peur, c’est déjà ça. Des femmes nous apportent de l’eau saumâtre et une calebasse de dolo (bière de mil). « Avant de parler, on offre toujours à boire », explique le vieux. Soit. On boit… le dolo (bouilli).
Le dimanche, c’est jour de marché à Iolonioro. Très joli, le marché, avec ses petites cahutes en paille et branchages, et étonnamment grand : des commerçants de Bobo ou de Gaoua viennent s’approvisionner dans les villages. C’est la seule distraction, au village, alors le dolo coule à flots. Soleil + dolo, ça tape fort…
A la fin du marché, regroupement sous un arbre pour les danses traditionnelles lobi. Balafon, djembé et secoué de torse (incompatible avec un corps de toubabou).
Nous passons la nuit dans le deux chambres-salon de Chantal, la fille aînée. Pas d’eau courante ni d’électricité, les toilettes dans les champs infestés de serpents à cette saison nous dit-on… mais beaucoup de chaleur lors de la soirée au clair de lune.
Pour le reste du voyage, je laisse parler les pages des carnets de Maïa et Anatole.

5 commentaires:

  1. Le vieux... né en 1946... même s'il y a le respect ça laisse songeur !

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  2. Oui je sais, ça peut vexer, mais ici c'est un âge canonique. L'espérance de vie est de 55 ans... Moi-même, je sens bien que je suis plutôt du côté des vieux ici. J'ai un peu de mal à m'y habituer, j'avoue.

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  3. mille fois merci pour toutes ces photos (et aussi celles de Flickr). Je n'arrive pas à trouver le temps de toutes les commenter, alors un bravo d'ensemble, car elles sont superbes. J'en connais deux que cela fait bien rêver. Et quand Augustin va savoir que le train passe à 50 m de chez vous, il va exiger le déménagement.
    Ici tout va bien avec l'arrivée de l'hiver: premiers frimas, première neige même si pas à Marseille, bref on vous envie vos manches courtes.
    Bises à tous
    Mélu

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  4. Trop bien ce voyage. La bière de mil j'en avais bu chez les Bassari et les Bédik au Sénégal oriental, c'était pas super bon. Bises, à bientôt...

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  5. Ça a un petit goût de cidre, alors ça ne déplaît pas à la Normande que je suis...

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