Le 28 août, la porte de l’avion s’ouvrait sur la chaleur
étouffante de Ouagadougou. Le lendemain, travelling de cinq heures sur le
Burkina Faso qui borde la route, jusqu’au panneau tant attendu : «Bienvenue
à Bobo Dioulasso». Ici, on dit plutôt « Bonne arrivée »
(« I dansé » en dioula). Elle fut très bonne, l’arrivée, grâce à
l’accueil d’Honoré, qui nous a loué une maison pendant un mois et demi, et nous
a donné quelques codes (dont le principal : « en Afrique, on est
solidaires ; il faut reformater votre cerveau, ne pas hésiter à demander
de l’aide, sinon vous aurez du mal à vivre ici »), grâce aussi aux cousins
Guillaume et Pauline, qui ont adouci l’atterrissage de leurs blanquettes de
zébu et mousses au chocolat entre amis.
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| Sur la route Ouaga-Bobo |
L’impression qui reste est celle d’avoir perdu pied durant
quelques semaines, mais sans panique, plutôt en se laissant porter par les
nécessités de la vie quotidienne et la gentillesse des gens. Deux mois plus
tard, nous avons déjà nos petites habitudes. Enfin, nous les avions dans notre
premier quartier, elles sont à recréer dans le nouveau. Les poignées de main
pour dire bonjour, même pour les enfants (déconcertés au début, ils s’y sont
fait très vite) ; le trajet de l’école ; la bouteille d’eau dans le
cartable ; les « non merci, j’ai déjà, je n’en ai pas besoin »
aux vendeurs ambulants qui nous assaillent de babioles à la sortie de l’école
(porte-clés, CD, serpillères, balais, perroquets…) ; les virées à
l’épicerie du coin pour acheter la farine ou le sucre en sachet (sacs plastique
noirs qui envahissent la vie au Burkina) ; le déjeuner hebdomadaire chez
Odile, qui tient la cafèt’ de l’Institut français, en face de l’école ; la
bibliothèque de l’Institut ; les parties de bataille (appelé ici « la
guerre ») avec les copains burkinabè ou Julie, la nounou ; la crème
solaire le jour ; la bombe antimoustique et les manches longues la nuit…
Allez, venez partager un bissap bien frais avec nous !
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