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mercredi 5 novembre 2014

Jours de colère


Voilà ce qu'il reste de la mairie centrale de Bobo, symbole pour les habitants de la corruption et de l'incurie de l'administration.


Idrissa, jeune artisan bobolais, à la pointe du mouvement : 
"Jeudi, les gens devenaient difficilement contrôlables. On a brûlé les maisons des proches du pouvoir, ceux qui se sentaient intouchables et avaient confisqué les biens du peuple, comme le maire. Compaoré cautionnait trop l’impunité. Si tu étais avec eux, tu vivais bien. Sinon…
Je ne voulais pas qu'on brûle la mairie ou le palais de justice. Avec un ami, j'ai réussi à raisonner le groupe avec lequel j'étais: ce sont vos papiers de naissance, vos dossiers qui vont disparaître. C'est nous qui allons payer les pots cassés. Un peu plus tard, un autre groupe est venu mettre le feu à la mairie, et le lendemain au palais de justice.
Les gens ont tout sorti, et tout brûlé : s'ils récupéraient le matériel, ils allaient salir le mouvement. Ils n’auraient plus été des patriotes mais des voleurs. 
Le samedi matin, on est venus tout nettoyer." 
Sinon, nous, ça va toujours très bien (apparemment, il y a encore du monde qui s'inquiète). La vie a repris un cours totalement normal à Bobo, que ça en est même étonnant, on dirait qu'il ne s'est rien passé...

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