Hiiiiii* !!! Lecteurs du blog, là, ça fait deux
jours !
Traduction avec décalage horaire européen : ça fait
deux semaines, deux mois ou deux années qu’on ne s’est pas vu, parlé, lu…
Longtemps, quoi !
Le temps au Burkina est différent. Un exemple : vous venez
d’emménager, il vous faut une planche à repasser. Ça ne court pas les rues de
Bobo, mais il paraît qu’en face de la Poste on peut en trouver. Sur les lieux, le
vendeur d’une de ces échoppes qui débordent joyeusement sur le trottoir répond
que « oui, y’en a »… avant de sauter sur sa mobylette, direction le
grand marché. « Y’a pas de problème, il revient tout de suite »,
informe son voisin marchand d’artisanat. Dans « tout de suite »,
entendre vingt minutes au bas mot. D'ailleurs, « y’a la place » sur le
banc dans la rue. La mobylette revient chargée du vendeur et d’une table à
repasser modèle poupée (ou presque). Ah non, ça ne va pas aller. Avant d’avoir pu ajouter quoi que ce
soit, le voilà reparti sur sa mob. Un petit tour dans la boutique d’artisanat,
une discussion sur le marasme du tourisme depuis la crise malienne… Et voilà une planche de taille
honorable, mais dotée d’un gros trou au milieu. « Ça n’ira pas non plus,
mais c’est pas grave, je vais me débrouill… » Trop tard, la mobylette
décolle. Le stress monte légèrement sur le banc, l’heure fatidique de la sortie
de l’école approche. Le vendeur est de retour, bredouille… Allez, essaie
encore. Il y en a encore qui se demandent si je m’ennuie ?!
Et qui se met à courir sous les regards moqueurs, voire
désapprobateurs, pour être à l’heure pour sa progéniture ? Evidemment,
sous 35°, le sprint ne dure pas.
Bon, ça c’était les débuts. On fait des progrès. On rallonge
ses marges…
Les Africains disent : « Les Blancs, ils ont des
montres ; nous on a le temps. » Au sens propre. Le temps est à eux,
ils l’ont dompté, ils le malaxent, l’étirent ou le raccourcissent à leur gré.
Le Blanc, il n’a qu’à s’y couler. Et c’est une vraie
victoire sur tous les énervements dans la queue à Monop et tous les sprints
dans les escaliers du métro pour ne pas louper la rame même si la prochaine passe dans deux minutes, que d’attendre un quart d’heure sans un soupir la facture de
votre magazine avant de passer à la caisse de la librairie. Une thérapie.
A demain, donc. Ou bien ?
* Exclamation aigue servant, chez le ou la Burkinabè(e), à
marquer la surprise, la joie, la consternation, le mécontentement, etc.
Bien vu et bien écrit...
RépondreSupprimerOn s'y croirait!
A la prochaine
Nani
C'est quand même un autre monde. Mais sommes nous heureux de tant courir?
RépondreSupprimerIls ont en partie raison. Mais les choses n'avancent pas de la même manière.
Isabelle D
ça me rappelle l'ambiance du Mali, ça donne envie de voyage, envie de dépaysement paysager mais aussi culturel, envie de prendre le temps d'arrêter de courir, de se pauser...
RépondreSupprimerMerci pour ce partage et à bientôt
Bises
Béré
Se pauser, c'est joli ça, comme mot. Je le garde, tiens! Nous nous sommes pausés au Burkina, une belle parenthèse dans nos vies d'Occidentaux débordés...
RépondreSupprimer(La bande à Google me souligne en rouge "pausés". Pffff, aucune poésie.)