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lundi 18 février 2013

Ça fait deux jours!


Hiiiiii* !!! Lecteurs du blog, là, ça fait deux jours !
Traduction avec décalage horaire européen : ça fait deux semaines, deux mois ou deux années qu’on ne s’est pas vu, parlé, lu… Longtemps, quoi !
Le temps au Burkina est différent. Un exemple : vous venez d’emménager, il vous faut une planche à repasser. Ça ne court pas les rues de Bobo, mais il paraît qu’en face de la Poste on peut en trouver. Sur les lieux, le vendeur d’une de ces échoppes qui débordent joyeusement sur le trottoir répond que « oui, y’en a »… avant de sauter sur sa mobylette, direction le grand marché. « Y’a pas de problème, il revient tout de suite », informe son voisin marchand d’artisanat. Dans « tout de suite », entendre vingt minutes au bas mot. D'ailleurs, « y’a la place » sur le banc dans la rue. La mobylette revient chargée du vendeur et d’une table à repasser modèle poupée (ou presque). Ah non, ça ne va pas aller.  Avant d’avoir pu ajouter quoi que ce soit, le voilà reparti sur sa mob. Un petit tour dans la boutique d’artisanat, une discussion sur le marasme du tourisme depuis la crise malienne…  Et voilà une planche de taille honorable, mais dotée d’un gros trou au milieu. « Ça n’ira pas non plus, mais c’est pas grave, je vais me débrouill… » Trop tard, la mobylette décolle. Le stress monte légèrement sur le banc, l’heure fatidique de la sortie de l’école approche. Le vendeur est de retour, bredouille… Allez, essaie encore. Il y en a encore qui se demandent si je m’ennuie ?!
Et qui se met à courir sous les regards moqueurs, voire désapprobateurs, pour être à l’heure pour sa progéniture ? Evidemment, sous 35°, le sprint ne dure pas.
Bon, ça c’était les débuts. On fait des progrès. On rallonge ses marges…
Les Africains disent : « Les Blancs, ils ont des montres ; nous on a le temps. » Au sens propre. Le temps est à eux, ils l’ont dompté, ils le malaxent, l’étirent ou le raccourcissent à leur gré.
Le Blanc, il n’a qu’à s’y couler. Et c’est une vraie victoire sur tous les énervements dans la queue à Monop et tous les sprints dans les escaliers du métro pour ne pas louper la rame même si la prochaine passe dans deux minutes, que d’attendre un quart d’heure sans un soupir la facture de votre magazine avant de passer à la caisse de la librairie. Une thérapie.
A demain, donc. Ou bien ?

* Exclamation aigue servant, chez le ou la Burkinabè(e), à marquer la surprise, la joie, la consternation, le mécontentement, etc.

4 commentaires:

  1. Bien vu et bien écrit...
    On s'y croirait!
    A la prochaine
    Nani

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  2. C'est quand même un autre monde. Mais sommes nous heureux de tant courir?
    Ils ont en partie raison. Mais les choses n'avancent pas de la même manière.
    Isabelle D

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  3. ça me rappelle l'ambiance du Mali, ça donne envie de voyage, envie de dépaysement paysager mais aussi culturel, envie de prendre le temps d'arrêter de courir, de se pauser...
    Merci pour ce partage et à bientôt
    Bises
    Béré

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  4. Se pauser, c'est joli ça, comme mot. Je le garde, tiens! Nous nous sommes pausés au Burkina, une belle parenthèse dans nos vies d'Occidentaux débordés...

    (La bande à Google me souligne en rouge "pausés". Pffff, aucune poésie.)

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