Au Burkina Faso (le « Pays des hommes intègres »),
ancienne Haute-Volta du temps des colons français. Pays un peu coincé entre les
imposants Mali et Niger vers le nord, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le
Bénin vers la mer. L’un des pays les moins développés du monde selon les
critères des Nations Unies. Taux d’alphabétisation : 29%. C’est peut-être
ce qui garantit la « stabilité » du Burkina. Le président Blaise
Compaoré est à son poste depuis 25 ans, réélu tous les cinq ans haut la main à
coup de billets de 1000 francs CFA (1,5 euro) et de sacs de céréales distribués juste
avant le scrutin.
| Sur le goudron à Bobo |
A Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays ; 700 000
habitants paraît-il. Ancienne « capitale économique » en raison de sa
proximité avec la Côte d’Ivoire et de sa production de coton (l’une des
principales, quoique modeste, sources de revenus pour le pays), elle a un peu
perdu de sa superbe face au développement de Ouagadougou. Mais elle est réputée
incomparablement plus agréable à vivre que la « vraie » capitale.
Plus petite, plus verte, moins étouffante. Plus loin du Sahel, plus près de l’Equateur.
Bobo est une grande ville, mais chaque quartier ressemble à un village, avec
ses enfants qui jouent dans les rues en latérite (la terre rouge) bordées
de manguiers, ses chèvres et moutons en liberté, ses minuscules échoppes. Pas
d’immeubles, quelques très rares (et souvent très rococos) maisons à un étage.
Le comble du signe extérieur de richesse, l’étage. On sort de la ville en 15-20
minutes grand maximum. Il faut dire qu’elle est bien dense, et qu’il n’y a pas
beaucoup d’espace mangé par les routes goudronnées.
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| Petit Paris, la rue de la mairie |
A Petit Paris, nom de notre quartier. Ça fait un peu beaucoup
colonial, non ? C’est l’ancien quartier à force concentration expat, qui
s’est depuis délocalisé un peu plus à l’est, à la faveur d’on ne sait quelle
mode. Restent les charmantes maisons au sol de mosaïque, en plus ou moins bon
état, les jardins de manguiers, frangipaniers et bougainvilliers, et quelques
familles de toubabous éparpillées dans ses larges
« six-mètres » (les rues en terre). Dans notre six-mètres à nous, il
y a les grands-mères d’en face qui mâchent la noix de kola, la maison pleine
d'enfants et petits-enfants ; le garagiste-carrossier toujours prêt
à ajouter une poignée à un portail récalcitrant ou à démarrer une voiture
capricieuse ; la cour d’Isaye, dont la femme vend chaque matin, le nouveau
né bien calé dans le dos, des sandwiches purée de haricots aux collégiens et lycéens en uniforme beige, et dont la minuscule Charlotte vient nous serrer la pince dès
qu’on sort de chez nous en criant « Toubabou bonejourrr ! » ;
le « célibatarium » d’à côté, au nom très explicite, sauf
qu’aujourd’hui ce sont souvent des familles qui habitent dans ces cours
entourées de petites maisons ; et au bout, tout près de nous, les rails du train Abidjan-Ouaga qui lance cinq ou six fois par jour, à des horaires fantaisistes, son avertissement corne de brume.



J'en aurais mis du temps à venir vous retrouver sur votre blog burkinabé... Le temps de remettre sur les rails notre petite vie en France. Mais ça y est j'ai tout lu: merci de continuer à nous faire voyager! Ca donne envie de refaire ses valises... Bises à tous les 4. Marie
RépondreSupprimerMerci pour les encouragements! Je vous admire d'avoir été aussi réguliers dans le récit de vos pérégrinations. Je crois que, de notre côté, on restera sur des petites touches occasionnelles! Des bises.
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