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lundi 17 décembre 2012

On vit où?


Au Burkina Faso (le « Pays des hommes intègres »), ancienne Haute-Volta du temps des colons français. Pays un peu coincé entre les imposants Mali et Niger vers le nord, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin vers la mer. L’un des pays les moins développés du monde selon les critères des Nations Unies. Taux d’alphabétisation : 29%. C’est peut-être ce qui garantit la « stabilité » du Burkina. Le président Blaise Compaoré est à son poste depuis 25 ans, réélu tous les cinq ans haut la main à coup de billets de 1000 francs CFA (1,5 euro) et de sacs de céréales distribués juste avant le scrutin.

Sur le goudron à Bobo
A Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays ; 700 000 habitants paraît-il. Ancienne « capitale économique » en raison de sa proximité avec la Côte d’Ivoire et de sa production de coton (l’une des principales, quoique modeste, sources de revenus pour le pays), elle a un peu perdu de sa superbe face au développement de Ouagadougou. Mais elle est réputée incomparablement plus agréable à vivre que la « vraie » capitale. Plus petite, plus verte, moins étouffante. Plus loin du Sahel, plus près de l’Equateur. Bobo est une grande ville, mais chaque quartier ressemble à un village, avec ses enfants qui jouent dans les rues en latérite (la terre rouge) bordées de manguiers, ses chèvres et moutons en liberté, ses minuscules échoppes. Pas d’immeubles, quelques très rares (et souvent très rococos) maisons à un étage. Le comble du signe extérieur de richesse, l’étage. On sort de la ville en 15-20 minutes grand maximum. Il faut dire qu’elle est bien dense, et qu’il n’y a pas beaucoup d’espace mangé par les routes goudronnées.





Petit Paris, la rue de la mairie
A Petit Paris, nom de notre quartier. Ça fait un peu beaucoup colonial, non ? C’est l’ancien quartier à force concentration expat, qui s’est depuis délocalisé un peu plus à l’est, à la faveur d’on ne sait quelle mode. Restent les charmantes maisons au sol de mosaïque, en plus ou moins bon état, les jardins de manguiers, frangipaniers et bougainvilliers, et quelques familles de toubabous éparpillées dans ses larges « six-mètres » (les rues en terre). Dans notre six-mètres à nous, il y a les grands-mères d’en face qui mâchent la noix de kola, la maison pleine d'enfants et petits-enfants ; le garagiste-carrossier toujours prêt à ajouter une poignée à un portail récalcitrant ou à démarrer une voiture capricieuse ; la cour d’Isaye, dont la femme vend chaque matin, le nouveau né bien calé dans le dos, des sandwiches purée de haricots aux collégiens et lycéens en uniforme beige, et dont la minuscule Charlotte vient nous serrer la pince dès qu’on sort de chez nous en criant « Toubabou bonejourrr ! » ; le « célibatarium » d’à côté, au nom très explicite, sauf qu’aujourd’hui ce sont souvent des familles qui habitent dans ces cours entourées de petites maisons ; et au bout, tout près de nous, les rails du train Abidjan-Ouaga qui lance cinq ou six fois par jour, à des horaires fantaisistes, son avertissement corne de brume.

Au bout de notre six-mètres
Le train Abidjan-Ouaga

2 commentaires:

  1. J'en aurais mis du temps à venir vous retrouver sur votre blog burkinabé... Le temps de remettre sur les rails notre petite vie en France. Mais ça y est j'ai tout lu: merci de continuer à nous faire voyager! Ca donne envie de refaire ses valises... Bises à tous les 4. Marie

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  2. Merci pour les encouragements! Je vous admire d'avoir été aussi réguliers dans le récit de vos pérégrinations. Je crois que, de notre côté, on restera sur des petites touches occasionnelles! Des bises.

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