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lundi 19 octobre 2015

Sankara Day (2)

Vous allez dire que c'est de la propagande, mais le monsieur gagne sacrément à être connu!
Jeudi 15 octobre, le Burkina commémorait les 28 ans de l'assassinat de Thomas Sankara, pour la première fois dans le pays libéré de Blaise Compaoré, son meilleur ami et probable assassin (par Diendéré interposé). Et pour la première fois, la télé nationale a diffusé ce soir-là une émission sur ce président visionnaire, alors que l'enquête sur sa mort (annoncée comme "naturelle" à l'époque), a enfin été réouverte et que les corps de Sankara et de ses compagnons, exhumés il y a quelques mois, se sont révélés sans surprise criblés de balles.
La France soit dit en passant n'est sans doute pas pour rien dans cette histoire. Sankara le tribun panafricaniste, anti-colonialiste et anti-impérialiste (oui, ça fait beaucoup de iste), ne plaisait guère au couple Mitterrand-Chirac...


Et en plus, il avait un sacré humour.

Extrait de la déclaration des biens de Thomas Sankara devant la Commission du Peuple chargée de la Prévention contre la Corruption, 19 février 1987

[...] “En matière de biens immobiliers, je citerai d’abord un réfrigérateur, je signale qu’il est en panne. Cet appareil n’est pas actuellement à ma disposition. Il a été prêté à un couple d’amis, parce que de par mes fonctions, j’ai reçu ce matériel au palais de la Présidence. Je possède également deux téléviseurs avec magnétoscope qui sont installés à mon domicile et dans mon salon de travail.
J’ai également installé un téléviseur à mon lieu de travail, parce que j’ai souvent besoin, partout où je me trouve d’être à l’écoute de nouvelles du monde. A titre personnel, je possède un salon complet et une bibliothèque qui devrait être livrée incessamment. Peut-être d’ici la fin du mois. C’est une commande personnelle. Je possède également trois guitares sèches. Je les cite parce que je leur attribue beaucoup de valeur.” [...]
Le reste est à l'avenant.

Conclusion:
[...] “Je dis à mes proches qu’ils ne doivent en aucun cas essayer de tirer du profit du fait qu’un de leur parent se trouve être aujourd’hui le Président du Faso.
Tout ce qu’ils doivent gagner, qu’ils le gagnent parce qu’ils ont travaillé ; mais qu’ils ne gagnent rien du fait qu’ils sont membres de la famille du Président, ni mon épouse, ni mes frères et sœurs, ni mes autres parents et les enfants quand ils deviendront un peu grands. Et cela aussi, je crois que cela va en droite ligne de l’éducation révolutionnaire que dans ma famille nous devons donner aux uns et aux autres. ” [...]

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