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| Esprit es-tu là? |
Petit retour en arrière (long à la
détente, le gars !), pendant les vacances de février, nous
avons fait la connaissance des chasseurs traditionnels, les dozos.
L’idée est
venue de Marc, le père d’une copine de Maïa, ethnobotaniste (si
si) qui parcourt la brousse à la recherche des pratiques médicinales
traditionnelles. Cela lui permet de repérer des plantes dont les
principes actifs peuvent intéresser les grandes marques de
cosmétique françaises (Dior et consorts). Le cas échéant, il
organise la production avec des collectifs villageois. Dans ses
recherches, il a été amené à rencontrer les dozos, car la
connaissance de la nature fait partie de leurs spécialités et ils
sont pour lui une source précieuse d'information. Il a ainsi monté
avec une communauté dozo un campement à Kangala, petit village
proche de la frontière malienne, dans lequel il organise des séjours
pour des groupes de Français un peu barrés qui communiquent avec
les plantes.
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| Le campement dozo de Kangala peint par Maïa. |
Comme Marc est un gars ouvert, il ne nous a pas demandé
de tailler une bavette avec un baobab avant de nous inviter à
Kangala, on y est donc allés, en compagnie des parents de Caroline.
Nous avons été particulièrement bien reçus, nous avons rencontré plein
de dozos qui nous ont parlé de leur confrérie, ils nous ont même
offert une soirée traditionnelle avec musique et masques, juste de
quoi comprendre un peu qui ils sont et donner envie d'en savoir
plus...
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| Le Grand baobab. |
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| Découverte des vertus médicinales des plantes. |
Tout d'abord, le terme dozo (ou donso,
donzo, dosso,...) caractérise une confrérie, il n'a rien à voir
avec les ethnies. Lié à la tradition mandingue, il est plus
courant dans l'ouest du Burkina, le nord de la Côte d'Ivoire et
surtout au Mali, mais il concerne diverses ethnies. On ne naît pas
dozo, on le devient, il faut en faire la demande, afin de pouvoir
suivre l'initiation. C'est pourquoi dans une même famille, certains
membres le seront, d'autres pas...
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| Conversation avec le Grand baobab. |
Les dozos sont avant tout des
chasseurs. On les reconnaît facilement à leur vieille pétoire
(genre mousquet), dont ils se servent souvent pendant les cérémonies
officielles, il ne faut pas être cardiaque ! Parfois, leurs
fusils leur servent à autre chose, ils ont manifestement joué un
rôle assez trouble dans la guerre civile ivoirienne, aux côtés des
rebelles du nord. On les reconnaît également aux animaux sauvages
qu'ils aiment exhiber, il n'est pas rare d'en croiser un avec un gros
serpent autour du cou. Dernier signe distinctif de nos chasseurs
préférés : la tenue dans laquelle sont cousus des grigris,
restes d'animaux abattus, bouts de miroir, toutes sortes de choses
qui les protègent. Pour garder leur pouvoir, leurs vestes ne doivent
pas être lavées bien sûr, ça ne sent pas toujours la rose !
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| Les dozos musiciens en tenue. |
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| La sortie des masques, c'est toujours un grand moment. |
Comme tous les chasseurs (enfin,
j'imagine), les dozos sont des grands connaisseurs de la nature. Mais
pas uniquement des animaux, également des végétaux. Certains sont
donc reconnus comme des guérisseurs. Ils préparent des remèdes à
partir de plantes ramassées dans la brousse et les vendent sous
forme de poudres, infusions, potions... C'est d'ailleurs ces
connaissances qui nous ont valu de les rencontrer, puisque c'est par
ce biais que Marc les a connus. D'aucuns nous ont assuré qu'ils
savaient communiquer avec la nature, parler avec les arbres et les
esprits. Comme nous sommes des gens ouverts, nous avons tenté, mais
pour moi ça a été un échec...
Enfin, on compte de nombreux musiciens
parmi les dozos. Ils jouent principalement du n'goni (instrument
ressemblant à une kora), du balafon et du djembé. C'est pourquoi
ils sont sollicités dès qu'il y a une manifestation publique,
ambiance assurée ! Bien sûr, tous les dozos ne sont pas
chasseurs, guérisseurs et musiciens, chacun se spécialise selon ses
aptitudes...
David
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| Beaucoup de jeux aussi durant ces trois jours. |
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