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mardi 30 juin 2015

Mon confident le baobab...

Esprit es-tu là?

Petit retour en arrière (long à la détente, le gars !), pendant les vacances de février, nous avons fait la connaissance des chasseurs traditionnels, les dozos.
L’idée est venue de Marc, le père d’une copine de Maïa, ethnobotaniste (si si) qui parcourt la brousse à la recherche des pratiques médicinales traditionnelles. Cela lui permet de repérer des plantes dont les principes actifs peuvent intéresser les grandes marques de cosmétique françaises (Dior et consorts). Le cas échéant, il organise la production avec des collectifs villageois. Dans ses recherches, il a été amené à rencontrer les dozos, car la connaissance de la nature fait partie de leurs spécialités et ils sont pour lui une source précieuse d'information. Il a ainsi monté avec une communauté dozo un campement à Kangala, petit village proche de la frontière malienne, dans lequel il organise des séjours pour des groupes de Français un peu barrés qui communiquent avec les plantes.

Le campement dozo de Kangala peint par Maïa.

Comme Marc est un gars ouvert, il ne nous a pas demandé de tailler une bavette avec un baobab avant de nous inviter à Kangala, on y est donc allés, en compagnie des parents de Caroline. Nous avons été particulièrement bien reçus, nous avons rencontré plein de dozos qui nous ont parlé de leur confrérie, ils nous ont même offert une soirée traditionnelle avec musique et masques, juste de quoi comprendre un peu qui ils sont et donner envie d'en savoir plus...


Le Grand baobab.
Découverte des vertus médicinales des plantes.












Tout d'abord, le terme dozo (ou donso, donzo, dosso,...) caractérise une confrérie, il n'a rien à voir avec les ethnies. Lié à la tradition mandingue, il est plus courant dans l'ouest du Burkina, le nord de la Côte d'Ivoire et surtout au Mali, mais il concerne diverses ethnies. On ne naît pas dozo, on le devient, il faut en faire la demande, afin de pouvoir suivre l'initiation. C'est pourquoi dans une même famille, certains membres le seront, d'autres pas...
Conversation avec le Grand baobab.

Les dozos sont avant tout des chasseurs. On les reconnaît facilement à leur vieille pétoire (genre mousquet), dont ils se servent souvent pendant les cérémonies officielles, il ne faut pas être cardiaque ! Parfois, leurs fusils leur servent à autre chose, ils ont manifestement joué un rôle assez trouble dans la guerre civile ivoirienne, aux côtés des rebelles du nord. On les reconnaît également aux animaux sauvages qu'ils aiment exhiber, il n'est pas rare d'en croiser un avec un gros serpent autour du cou. Dernier signe distinctif de nos chasseurs préférés : la tenue dans laquelle sont cousus des grigris, restes d'animaux abattus, bouts de miroir, toutes sortes de choses qui les protègent. Pour garder leur pouvoir, leurs vestes ne doivent pas être lavées bien sûr, ça ne sent pas toujours la rose !
Les dozos musiciens en tenue.
La sortie des masques, c'est toujours un grand moment.
Comme tous les chasseurs (enfin, j'imagine), les dozos sont des grands connaisseurs de la nature. Mais pas uniquement des animaux, également des végétaux. Certains sont donc reconnus comme des guérisseurs. Ils préparent des remèdes à partir de plantes ramassées dans la brousse et les vendent sous forme de poudres, infusions, potions... C'est d'ailleurs ces connaissances qui nous ont valu de les rencontrer, puisque c'est par ce biais que Marc les a connus. D'aucuns nous ont assuré qu'ils savaient communiquer avec la nature, parler avec les arbres et les esprits. Comme nous sommes des gens ouverts, nous avons tenté, mais pour moi ça a été un échec...
Enfin, on compte de nombreux musiciens parmi les dozos. Ils jouent principalement du n'goni (instrument ressemblant à une kora), du balafon et du djembé. C'est pourquoi ils sont sollicités dès qu'il y a une manifestation publique, ambiance assurée ! Bien sûr, tous les dozos ne sont pas chasseurs, guérisseurs et musiciens, chacun se spécialise selon ses aptitudes...
David


Beaucoup de jeux aussi durant ces trois jours.

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