Ouagadougou, 15 heures. Je me liquéfie sur ma chaise, en regardant avec inquiétude la batterie de mon ordi se décharger lentement. Quand je dis liquéfie, ce n'est pas une image... Je ne pensais pas que c'était possible, une chaleur pareille. La température doit titiller les 45°, et la Sonabel (société nationale d'électricité) fait service minimum cette année.
C'est habituel, les heures de délestages à cette saison, parce que le Burkina n'a pas assez d'électricité pour fournir les pourtant petits 20% de la population qui y ont accès (chiffre en hausse chaque année, hamdoulillah). Mais 2015 bat tous les records: de chaleur et de coupures. Environ 12 heures d'électricité par jour dans la chambre d'hôte où je loge. Et je ne me plains pas: Sankara (c'est un cousin...), avec qui je tourne à moto dans Ouaga, a droit à 4 heures de courant par jour chez lui depuis un mois.
Tout cela bien sûr sans explication aucune de la part de la Sonabel, ni du gouvernement d'ailleurs. La rumeur dit que la Sonabel doit beaucoup beaucoup d'argent à la société qui fournit le carburant pour ses centrales, deux sociétés dont les directeurs étaient très proches d'un certain Blaise Compaoré... Rhhôô, les gens sont mauvaise langue, tout de même!
Bref, une semaine à tenir à ce régime (si seulement ça pouvait faire fondre mes kilos en trop ;-). Je compte les jours avant de rejoindre Bobo, guère mieux lotie mais un peu plus respirable, où la bande des Bobolivera a l'inestimable privilège d'être un peu plus préservée des coupures, grâce non pas à Môsieur le directeur de l'IF, mais à l'usine de la Brakina qui turbine à quelques pas de chez nous.
LE vrai carburant du pays!
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