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jeudi 25 septembre 2014

La vie à un fil

Dimanche, Sidonie a perdu sa petite fille de 7 ans, morte d'un palu non soigné au centre de santé du quartier où elle s'est précipitée, trop tard. Mais était-ce un palu? On ne saura jamais vraiment. Il n'y a pas de médecin dans les centres de santé, au mieux un infirmier, et encore, un dimanche... Pas de quoi faire des analyses de sang, des examens.
Ce soir, Sidonie est revenue au centre de santé avec son mari et son bébé, bouillant de fièvre. Elle-même tient à peine sur ses jambes. Elle est malade, elle a marché près d'une heure pour arriver là. Elle sort de la consultation avec une ordonnance pour du paracétamol et un traitement anti-palu, pour elle et le bébé; hier, c'était pour son fils aîné, 9 ans. Pas d'analyses pour confirmer le diagnostic. Facture totale à la pharmacie du centre de santé: 5200 francs CFA (7,5 euros). Sidonie "fait le petit commerce", elle gagne 100 à 300 francs par jour. Elle n'a qu'à rentrer chez elle si elle n'a pas l'argent.

Cet été, deux employés de l'association dont je partage les locaux ont perdu leur enfant à cause d'un palu. L'association prépare depuis un an un feuilleton de sensibilisation sur la prévention du palu...

Cette vie-là de Bobo, on en parle peu sur le blog pour ne pas trop plomber l'ambiance et perdre tous nos lecteurs ;-) Mais ce soir c'était trop.

2 commentaires:

  1. Pas facile d'écrire un commentaire, mais pas envie de laisser du silence comme seule réponse. Je pense bien à vous, à Sidonie et à tous vos amis. La vie ne tient qu'à un fil, encore une fois vivons aujourd'hui et maintenant. Je vous embrasse. Juliette

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  2. Merci Juliette. Ce genre de drame fait partie de la vie quotidienne au Burkina. Et c'est impossible à accepter. Anatole sort de 12 jours de palu qui nous ont bien angoissés. Mais nous, on a les moyens de le soigner. Pourquoi nous et pas eux? Pas toujours facile de profiter de la vie avec cette question dans la tête!

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