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samedi 27 avril 2013

Les masques


Dimanche dernier, nous sommes allés voir les masques, un grand moment ! Chez les Bobos, c'est une vraie institution, on en avait beaucoup entendu parler (tellement que les enfants étaient terrorisés et qu'ils ne voulaient pas venir), on n'a pas été déçus...

Les masques sont un élément essentiel de la religion animiste, ils assurent la communication entre les esprits des anciens et les vivants. Ils sont aussi les gardiens du Do, le culte des ancêtres, c'est pour ça qu'ils ont la fâcheuse habitude de se balader avec des fouets pour "chicoter" ceux qui transgressent les règles...



En attendant, dimanche c'était la fête. Pendant l'année, quand quelqu'un décède, on fait les petites funérailles, vite fait bien fait en famille. Mais pendant la saison sèche, chaque village organise les grandes funérailles pour célébrer avec faste tous ses morts de l'année... Et ça attire un monde fou, les spectateurs squattent même les arbres.



Quand je dis les spectateurs, en l'occurrence, c'est tout sauf une démonstration folklorique pour touristes, on était quasiment les seuls visages pâles, avec le joueur de tama (mais lui, il est albinos, voir plus bas). Les funérailles sèches, c'est une grande fête populaire, mais surtout une fête religieuse, point culminant de l'année pour les animistes. Pas question, donc, de faire n'importe quoi (rappelez-vous les fouets), il faut nécessairement être accompagné. Dimanche, c'est Vincent, le responsable de la médiathèque de l'Institut qui était notre guide. Comme tous les enfants de son village (à quelques kilomètres de Bobo), il a été initié au Do. Il a appris, enfant, tous les mystères de la société des masques (et notamment leur langue secrète), il nous en a livré quelques-uns... mais pas trop car l'essentiel est réservé aux initiés.

L'initiation est organisée tous les sept ans par classe d'âge, en plusieurs phases : au village pour apprendre la  théorie et en brousse pour être capable de survivre en connaissant mieux la nature. Le jour des grandes funérailles, ce sont les nouveaux initiés qui vont chercher les masques pour les amener à l'espace de danse où les attend le "public"...





Je parlais tout à l'heure du joueur de tama albinos, parce que forcément, les masques, pour danser, ils ont besoin de musiciens ! Le tama (tambour d'aisselle), donc, une flûte (cf. photo), mais également un balafon et plusieurs djembés.

Après tous ces préambules, nous en arrivons enfin aux masques, pour vous récompenser de votre patience, en voilà un que j'aime bien...

Il faut savoir que le métier de masque, ce n'est pas une sinécure. N'oublions pas qu'il fait 40 degrés à l'ombre, couverts comme ils sont, ça doit bouillir là dessous. D'autant plus qu'ils ne sont pas là pour déambuler gentiment. Quand ils se mettent à danser, c'est impressionnant !

Le pire, c'est qu'ils n'ont pas droit à l'erreur : interdiction de tomber ! Les temps actuels sont plus cléments, mais il paraît qu'à une époque, cette erreur pouvait être punie de la peine capitale. Du coup, à peine la danse est elle terminée, que les organisateurs se ruent sur le masque pour le soutenir et l'orienter vers la sortie.





Un autre truc interdit, c'est de montrer son visage, car le danseur ne doit pas être reconnu, dans la mesure où tout le monde est bien d'accord que les masques sont des esprits, pas l'ombre d'un humain vivant là dessous ! Sauf que, parfois, il y a des mouvements incontrôlés... mais notre village d'accueil n'était manifestement pas trop à cheval sur cette question, personne n'a protesté dans ce cas...
Après avoir dansé, les masques viennent saluer les autorités du village.


Qui en retour les bénissent en leur apposant les mains dans le dos.

Chez les masques, il y a aussi des enfants...









... beaucoup d'animaux...


... et même un pape (grand jeu gratuit sans obligation
d'achat : qui est-ce ?)



David

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